« Digital detox », le jour où nous serons tous déconnectés


A San Francisco, aux Etats-Unis, le 9 septembre 2013, de nouveaux patients de l’hôpital Bradford Regional Medical Center  ont fait leur rentrée. Drogués du web ou frénétiques « digital addict », Ils étaient quatre à rejoindre le nouveau service dédié aux cas les plus sévères de cyberdépendance.  

Un centre de soin et une colonie de vacances pour les cyberdépendants

Etrange, cette ouverture du premier service dédié aux cyberdépendances des Etats-Unis ? Certes, mais nécessaire lorsque nous écoutons les explications du Dr Kimberley Young, Directeur du service : « L’addiction à Internet dans ce pays est peut-être plus répandue que l’alcoolisme car, contrairement à l’alcool, Internet est gratuit, légal, et ne fait pas grossir ». Les patients subiront, comme les accros à l’alcool, 72 heures de sevrage choc, preuve que le Dr Kimberley Young considère la cyber addiction comme une drogue.

Ce nouveau centre de soin n’est pas la première initiative américaine dédiée aux « digital addicts ». Dans un article daté du 10 juillet dernier, l’Express révèle l’existence de, Camp Grounded,  camp d’été pour adultes intoxiqués par les réseaux sociaux, créé par la société Digital Detox. De même, depuis 2 ans, Des hôtels de luxe américains ont également commencé à proposer des services de non-connexion internet à prix fort pou permettre à leurs clients de s’offrir une « digital detox ». Le deal ? En arrivant, donner à la réception tous ses appareils électroniques et repartir détendu. Répliqué en Espagne en février dernier par l’Hôtel Vinci aux Canaries.  Le concept marketing marche et a de l’avenir !

Les Etats-Unis ne sont pas des pionniers en matière de soins dédiés aux accros d’internet. Plusieurs centres ont déjà ouvert au Japon où la profession de « digital thérapeute » est en pleine expansion. Au Canada, des campagnes de prévention contre la cyberdépendance sont diffusées à la télévision, sur le même format que nos spots TV français sur l’alcool, la drogue ou la dépression.

 « Digital detox » en France, thème récurrent de l’été 2013

En France, s’il existe déjà une consultation dédiée aux addicts du web à l’hôpital l’Archet de Nice, c’est avant tout pour soigner les personnes atteintes de dépendances envers les jeux vidéo. L’addiction aux réseaux sociaux passe encore en second plan.

Cependant, le terme de « digital detox » a fait son apparition dans nos médias en avril dernier. L’agence Dagobert avait alors jeté un pavé dans la mare en publiant son étude choc sur les 9,3 millions de français déconnectés d’internet. En étudiant le profil de ces personnes, force était de constater que beaucoup d’entre elles, jeunes CSP +, s’étaient déconnectées par militantisme ou choix de vie : « Les digital detox sont des personnes qui ressentent l’envie de se déconnecter par besoin de renouer avec la réalité. Elles sont de plus en plus lasses de suivre la vie des autres. Elles retrouvent le plaisir de lire, de sortir et de voir des amis dans la vie réelle » avait analysé l’agence. Les médias spécialisés et généralistes s’étaient alors, une première fois, saisis du sujet.

Puis, l’été 2013 a été l’occasion d’insuffler de nombreux conseils « digital detox » aux lecteurs des médias français  tels que Femme Actuelle (Déconnecter en vacances, c’est important !) ou France TV info  (Cinq astuces pour se déconnecter pendant les vacances). Mais aussi, de faire le point sur le comportement digital des français en vacances  avec France 24 (Vacances déconnectées : nouvelle tendance durable).

Le « digital detox » : Simple mode ou tendance de fond ?

Pendant les vacances d’été, déconnecter pendant une à trois semaines est de bon conseil et facile à effectuer. Mais le sujet du « digital detox » sera-t-il toujours autant traité dans le quotidien de cette année à venir ?

En France, nous ne sommes pas au point de définir la cyberdépendance comme une drogue, de créer des centres médicaux et des colonies de vacances comme c’est le cas au Japon ou aux Etats-Unis. Le terme« digital detox » est évoqué, mais de façon légère. Cette mode, initiée par nos amis américains et asiatiques, pourrait devenir une tendance de fond à l’image du mouvement écologique.

Nos grands-parents, enthousiastes sur les avancées industrielles, ont fini par se préoccuper dans les années 60 des risques immenses d’une trop grande exploitation de la terre. Peut-être que dans plusieurs d’années, des études françaises sérieuses démontreront qu’à force de saturer notre cerveau d’informations, nous avons des risques de nous détruire psychologiquement. Dans ce cas, et seulement si des preuves scientifiques sont avancées, nous pourrions voir dans ce mouvement du « digital detox » une tendance de fond, une nouvelle tech’écologie, motivée par des impératifs sanitaires.

Pour le moment, en France, seul un public anti-conformiste, fait du « digital detox » une tendance identitaire et militante en refusant les nouvelles technologies. C’est sur ce constat que Maxime Chanson, fondateur de la start up française Lëkki, a lancé son commerce de vieux téléphones des années 90 en 2010 : « Parce que trop de réseaux sociaux, trop de push mail, trop d’applis nous rendent esclaves de notre quotidien, Lëkki propose de revenir aux fonctionnalités et aux divertissements basiques.» Explique-t-il sur son site internet.

Si le mouvement du « digital detox » est intéressant, c’est dans sa capacité à nous garder maitres de notre temps et de notre liberté. C’est-à-dire, en nous auto-régulant dans notre consommation d’internet, en laissant dans notre agenda hebdomadaire des plages d’heures déconnectées. Ainsi,  nous pourrons toujours nous ancrer dans le monde réel avant d’exister dans la sphère virtuelle du web.

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Une réflexion sur “« Digital detox », le jour où nous serons tous déconnectés

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