Tweet2rue, réinsérer les personnes de la rue par twitter


Paulette est présente chaque matin tôt à la sortie d’une station de métro parisienne. Pains au chocolat et bouteilles de coca-cola sont déposés à ses côtés, témoins de la générosité des gens qui passent.

Mais au-delà des dons de nourritures et des pièces, Paulette, qui habite dans le 10ème arrondissement de Paris, cherche un remède à sa solitude.  Quand vous lui demandez : « De quoi avez-vous besoin ? », Elle vous répond : « Parler à quelqu’un». Ce sentiment d’exclusion des personnes de la rue n’est pas nouveau. Malika Chafi, responsable de la promotion des habitants et des projets culturels à la Fondation Abbé Pierre le confirme : «  On a de plus en plus de personnes à la rue et le sentiment qui prédomine, c’est qu’elles ne font plus partie de la société, de notre société. Ce sentiment, c’est le leur et c’est le nôtre. »

Devant ce constat, la fondation de l’Abbé Pierre a lancé le 17 octobre dernier l’opération Tweet2rue, conçue et développée par Génération Réactive, en partenariat avec France Inter.  Le concept ? Proposer à des personnes de la rue de partager leur quotidien sur twitter, après avoir reçu des smartphones de la part de l’association. C’est ainsi que Nicolas (@nickopompons), Sébastien (@DjamaikaPtiseb), Patrick (@kanter57640), Ryan (Usher226) et Manu (@115toimeme) racontent ce qu’ils vivent de leurs journées en 140 caractères. 1L’initiative n’est pas nouvelle. Elle a été inspirée par le fil twitter New-Yorkais @invisiblepeople, porte-parole des personnes de la rue aux Etats-Unis.

En France, en 2012, plus de 870 000 personnes 2ont été accueillies dans 85 restos du cœur et 115 millions de repas ont été distribués. Même si les associations ont encore besoin de fonds pour que tout le monde puisse manger à sa faim, il est à présent temps de lutter contre la misère morale des personnes seules dans la rue et de les accompagner pour une meilleure intégration dans notre société. Mais comment lutter contre l’exclusion de personnes confrontées en permanence à l’indifférence ou à la piété froide de ceux qu’ils croisent sur le bitume? Oui, notre méfiance naturelle peut nous interdire de parler à des personnes inconnues dans les lieux publics. Et parfois, notre bonne volonté est paralysée par la peur de mal réagir face à une personne en souffrance. Nous ne savons pas comment faire, comment aider.  Or, sur les réseaux sociaux, cette peur n’a plus le même impact. Cachés par notre écran, nous rentrons plus facilement en relation avec ceux que nous ne rencontrons pas dans le monde réel.

Les réseaux sociaux : des outils d’intégration dans la société française

3Nous sommes 79% de français à être présents sur les réseaux sociaux, ce qui peut donner au web l’illusion d’être un parfait miroir de notre société. Or, le  21% des personnes déconnectées est composé en grande partie des plus défavorisés ou des personnes les plus âgées. C’est donc tout un pan de diversité de notre société qui n’est pas représenté sur la toile. Donner des Smartphones à des personnes de la rue, c’est leur permettre de créer un premier lien social tout en nous aidant à mieux connaître leurs difficultés et ainsi, mieux les accompagner. Mais c’est également nous faire accepter un quotidien différent du nôtre. Et c’est là que le bât blesse : L’opération Tweet 2 rue est confrontée à beaucoup d’incompréhensions d’internautes sur ce sujet :

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Nous envoyons bien des photos de nos vacances au bord de la mer ou du magnifique plat de tartare que nous avons commandé au restaurant. Alors, pourquoi des photos de pigeons prises par des SDFs ou celles de soupes populaires nous paraîtraient indécentes ? Parce qu’elles nous culpabilisent ? Parce qu’elles nous rappellent que nous avons de la chance ? Parce qu’elles nous ramènent à nos peurs de tomber un jour dans la misère ? Pourquoi ne pas vouloir les voir ? Car les voir, ce serait accepter tout simplement d’être confronté à un quotidien qui ne ressemble pas à ce que nous aimerions pour nous. Cela ne voudrait pas dire qu’il faudrait, à chaque instant, culpabiliser de notre chance mais au contraire, cela nous changerait notre regard sur les personnes sans-abris afin de les considérer comme des semblables, des proches, des frères et leur porter toute notre attention.

La solidarité sur Facebook, une porte vers le réel

C’est ainsi que les réseaux sociaux peuvent devenir de véritables portes de sortie pour des personnes en situations difficiles. Et c’est déjà le cas sur Facebook avec la page « le 115 du particulier », crée en février 2012 par deux anciennes personnes de la rue,  Brann du Senon et Cédric Lebert. Doublé d’un site web (http://le-115-du-particulier.fr/),  cet espace interactif permet aux sans-abris de poster des annonces en fonction de leurs besoins et à ceux qui le souhaitent d’y répondre. Un système qui a permis, selon les fondateurs, d’aider 10 000 personnes en un an. Les particuliers qui répondent à l’appel de ces personnes de la rue les aident dans leurs démarches administratives et parfois, les hébergent chez eux.

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